LA VIGNE

Depuis le IV è siècle, chacun fabriquait son vin à partir de ses vignes. Partout où un sol calcaire et bien exposé le permettait, on trouvait des coteaux de vignes. Plantées à l'origine "en foule" et relevées ça et là par quelques pieux (= pesseau ou échalas), elles s'arrangèrent plus tard "en rangs " pour faciliter les traitements.

Richesse et renommée de la Lorraine, on a compté jusqu'à 46000 Ha de vignes, soit autant que les superficies actuelles des vignobles champenois et alsaciens. Dans les Vosges en 1968, environ 5000 Ha se répartisaient autour de Rambervillers, Mirecourt, Vittel et Châtillon sur Saône. Le chiffre est aujourd'hui descendu à 40Ha, avec un rendement moyen de 50 Hl/Ha (données 2007).

L'inexorable déclin de la vigne s'explique par plusieurs facteurs : arrivée de maladies américaines dès la fin du 19è : phylloxéra, mildiou et oïdium, qui décimèrent les ceps puis obligèrent à acheter des plants greffés (auparavant simplement multipliés par bouturage), à palisser les rangs pour traiter, traiter... autant d'investissements incompatibles avec les moyens financiers et les habitudes de facilité. On peut ajouter à ces causes : le manque d'entretien lorsque les hommes furent au front, le terrible février 1956 (pendant trois semaines, la température n'est pas remontée au dessus de -30°C), la concurrence des vins du midi...

Le malheur des vignes a fait le bonheur des vergers : les surfaces importantes dégagées par l'arrachage ou l'abandon des coteaux furent alors reconverties en vergers, essentiellement de mirabelles. Le phénomène se rencontre encore aujourd'hui.

Toute la France est aujourd'hui plantée de vignes greffées et traitées. Toute ? Non ! Le département des Vosges est un des derniers à entretenir des vignes issues des recherches du début 20è : à partir de croisements de raisins aux qualités remarquables, on a sélectionné des "hybrides" résistants aux maladies américaines. Citons, parmi les milliers d'obtentions, la famille des KUHLMANN (LÉON MILLOT...), celle des OBERLIN, et les MARÉCHAL FOCH, MARÉCHAL JOFFRE, TRIOMPHE D'ALSACE, BACO, GAILLARD ou, hybride plus récent, le SEYVE-VILLARD blanc ! Lire à ce sujet l'ouvrage "Les raisins de la galère" de Jean-Marie CONRAUD, à 54280 Seichamps, 1993, ISBN 2-9507634-0-5.

C'est grâce à cela que, sans autres soins que la taille, de nombreux particuliers continuent à entretenir leurs vignes un peu partout. On en recense vers Savigny, Charmes, Estrennes, Circourt, Derbamont, Dompaire, Rancourt, Domjulien, Parey sous Monfort, Mandre sur Vair, Châtillon sur Saône...

À La Neuveville sous Montfort, il existe depuis les années 1990 la coopérative des "Producteurs Réunis des Coteaux du Montfort" qui commercialise les "VIN BLEU" et "VIN ROUGE FRUITÉ" à partir de Léon Millot et d'Oberlin.
Des confréries participent au souvenir d'un faste passé et fêtent la St Vincent (22 janvier) : Confrérie Vigneronne de Courcelles-les-Vignes, Confrérie des Vignerons du Pays de Charmes, Amicale du faubourg Saint Vincent de Mirecourt...

Ainsi, comme les vergers, les 40 derniers hectares vosgiens de coteaux méritent notre attention, car ils font partie d'un même patrimoine liant l'homme à la terre.

Sources : Maison Lorraine de Polyculture ; INRA (Rachel Jacopin, Marc Benoît) ; exposition "de la vigne au vin" à Mirecourt 2007 ; conférences de Gilles Laporte et Laurent Boulanger. Voir aussi les liens en bas de page.

 

Phylloxera Gallicole.

Les quelques attaques s'observent principalement sur du Kuhlmann (Léon Millot, Maréchal Foch...).

26 juillet 2008 à Bettegney St Brice.

à consulter : http://le.vin.bleu.free.fr/ http://www.vignes.be/

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